Les acouphènes en 10 questions

 

  1. Qu'est-ce qu'un acouphène ?

 

L'acouphène est un bruit perçu par un individu, non provoqué par une stimulation sonore extérieure et entendu de lui seul.

 

  1. Existe t-il des acouphènes «normaux»?

 

L'oreille est constituée de différents éléments dont une importante quantité de cellules au niveau de l'oreille interne. L'ensemble de ce réseau cellulaire est assimilable à un organe électrique actif en permanence, et responsable de temps à autre de la production d'un son. Il est perçu en général sous la forme d'un sifflement et n'a aucune connotation pathologique. La perception de cet acouphène «physiologique» témoigne simplement de la bonne activité de l'oreille interne.

 

  1. Quelles formes sonores peuvent prendre les acouphènes ?

 

Les acouphènes peuvent prendre de nombreuses formes. Le mot le plus souvent utilisé est celui de sifflement. D'autres termes peuvent être employés : ronflement, chuintement, grésillement, souffle, etc..En réalité, dans le cas d'un acouphène, l'aspect sonore n'a que peu d’importance pour l'établissement d'un diagnostic précis.

 

  1. Un acouphène touche forcément les deux oreilles ?

 

Non. Le plus souvent l'acouphène est perçu dans chacune des oreilles avec une intensité quasiment identique. La présence d'un acouphène dans une seule oreille, ou une prédominance très forte de cet acouphène d'un côté, doit inciter à la prudence et entraîner la réalisation de plusieurs examens médicaux.

 

  1. Un acouphène est-il toujours le signe d'une maladie de l'oreille ?

 

Non. L'acouphène peut être le révélateur d'une maladie touchant un organe différent de l'oreille. Il n'est pas rare, par exemple, que des troubles de l'articulation de la mâchoire déclenchent un acouphène. De la même façon, une hypertension artérielle peut se révéler par un simple bruit d'oreille bilatéral assimilable à un acouphène.

 

  1. Un acouphène peut-il être le signe d'une maladie grave ?

 

L'acouphène peut effectivement révéler une pathologie d'une gravité certaine. L'exemple le plus classique est ce que l'on appelle un neurinome de l'acoustique, tumeur bénigne du nerf auditif mais qui peut devenir grave dès lors que son volume atteint un certain degré. D'autres pathologies, notamment à l'intérieur du crâne, peuvent déclencher des acouphènes et la recherche précise et rapide d'un tel type de problèmes est absolument nécessaire.

 

  1. L'acouphène et le traumatisme sonore : comment éviter le mal ?

 

L'oreille est un organe extrêmement fragile. Le fait de lui soumettre une intensité sonore très importante, dans le cadre d'une activité professionnelle ou d'une activité de loisir, peut amener à des dégâts cellulaires de l'oreille interne se manifestant par un acouphène. Cet acouphène peut n'être que transitoire. Il convient cependant d'éviter ce genre de déconvenues en protégeant l'oreille de manière efficace. Le port de bouchons ou de casques de protection fait partie des moyens proposés pour éviter les acouphènes.

 

  1. L'âge est facteur de déclenchement des acouphènes ?

 

Non. L'âge en tant que tel n'est pas un facteur à l'origine de l'installation d'un acouphène. L'âge est par contre un facteur de dégradation de l'audition de manière quasi-obligatoire et chez les patients présentant une perte d'audition importante, notamment sur les fréquences aiguës, il est assez fréquent que cette déperdition quantitative s'accompagne d'un acouphène.

 

  1. L'acouphène entraîne t-il une diminution de l'audition ?

 

Contrairement à une idée reçue, ce n'est pas l'acouphène en tant que tel qui diminue l'audition, c'est la diminution de l'audition, pour différentes raisons, qui est responsable de l'acouphène. Le bruit anormal perçu peut devenir gênant dans la fréquence de l'acouphène lui-même pour la perception des sons extérieurs.

 

  1. Un acouphène peut-il disparaître ?

 

Oui. Il faut cesser d'affirmer qu'un acouphène est définitif. Dans la très grande majorité des cas, l'évolution se fait naturellement ou avec l'aide d'un thérapeute vers une acceptation sereine de l'acouphène : «il est toujours là, je vis avec!».Dans d'autres cas, c'est une totale disparition qui est notée : «même si je le cherche, je ne le retrouve pas». Cette évolution favorable peut être longue, mais elle correspond à une véritable réalité clinique.

 

Pour aller plus loin:

Consultez "Les 10 commandements pour une écoute musicale sans risques"

Consultez la "Pyramide des sons"

Consultez "Oreille et traumatismes sonores: les dégâts sont-ils irréversibles?"