Le saignement de l’oreille (otorragie)

C’est une situation heureusement assez rare qui, en dehors d’un traumatisme crânien important, relève le plus souvent de causes banales et bénignes.

Deux tableaux méritent d’être évoqués : le saignement par plaie cutanée du conduit auditif externe (1) et le saignement, pur ou mêlé à des sécrétions purulentes, de l’otite moyenne aiguë (2).

 

  • Premier cas: petite plaie de la peau

 

Le premier cas de saignement de l’oreille est donc simplement lié à une petite plaie (égratignure ou excoriation) de la peau qui tapisse le conduit auditif externe. De manière « volontaire » par un nettoyage trop vigoureux et trop profond du conduit à l’aide d’un coton-tige ou de tout autre objet moins conventionnel (clef de voiture, branche de lunettes ou stylo-bille !), le geste mal contrôlé lèse la peau et entraîne le saignement.Un examen clinique permettra d’affirmer si le dégât n’est que cutané ou si le tympan a pu être touché lui aussi. Un report au chapitre « cérumen » ou « nettoyage de l’oreille » permettra d’éviter ce genre de déconvenues. De manière involontaire (ou plutôt inconsciente), il est fréquent de constater une petite évacuation sanguinolente le matin liée banalement à un geste de grattage la nuit durant le sommeil. Situation assez habituelle chez les patients présentant, pour une raison quelconque, une démangeaison chronique de l’oreille.

 

  • Deuxième cas: Otorragie pure ou mêlée à diverses sécrétions dans le cadre d’une otite moyenne aiguë

 

L’histoire est en général explicite. Au cours ou au décours d’un rhume, une douleur de l’oreille s’installe assez rapidement pour atteindre un palier maximal très pénible. Ce sommet douloureux régresse dès lors qu’un écoulement de l’oreille se produit. Lorsque que l’écoulement est fait de sang frais, rouge et isolé de toute autre mucosité, il s’agit très probablement d’une otite virale. Certains virus respiratoires agressifs colonisent depuis le nez, via la trompe d’Eustache, l’oreille moyenne et notamment le tympan. Cette attaque tympanique virale provoque un phénomène de cloquage de la membrane tympanique elle-même. Cette cloque est parfois hémorragique et sa rupture est responsable de l’écoulement sanguin vers l’extérieur. Lorsque l’écoulement est d’emblée mêlé à d’autres sécrétions, plus ou moins épaisses et purulentes, il s’agit sans doute d’une otite moyenne aiguë bactérienne. Sous l’effet des toxines bactériennes, une accumulation de pus s’effectue dans la caisse du tympan, venant comprimer l’espace jusqu’à rompre le tympan. On parle d’une otite spontanément perforée. L’évacuation signe souvent la fin de la douleur.

 

Dans tous ces cas, un examen clinique rapide s’impose. Dans l’attente de la rencontre avec le médecin, il convient d’éviter de mettre de l’eau ou d’autres liquides dans l’oreille et de calmer la situation douloureuse par un antalgique habituel.

 

Pour aller plus loin:

L'otite aiguë: Les signes de l'otite aigue

Le cérumen: Le cérumen c'est quoi?

Nettoyage des oreilles: Les bons gestes pour se nettoyer les oreilles