Protection contre les traumatismes sonores

La fragilité de l’organe sensoriel auditif impose une attitude responsable d’autoprotection. La lutte contre le bruit fait certes partie du programme gouvernemental au sein du Grenelle de l’Environnement, mais il appartient au citoyen, de manière autonome et déterminée, de prendre en charge personnellement sa propre protection auditive. C’est au prix d’une prudence sans cesse renouvelée que les quelques quinze mille cellules ciliées de chaque oreille interne vont pouvoir résister aux traumatismes potentiels d’une ambiance moderne de plus en plus agressive.

Très grossièrement, deux mondes s’opposent dans ce domaine de la protection: le monde du travail et le monde du loisir. Nous excluons bien sûr dans ce schéma le phénomène heureusement rare du traumatisme sonore, en général violent, dans le cadre d’une explosion militaire (guerre) ou civile (explosion accidentelle).

Le monde du travail

Certaines professions sont exposées à un bruit intense: presse hydraulique, marteau-piqueur, compresseur, etc… Une présence prolongée dans ce type de milieu entraîne un risque auditif définitif. La notion de protection passe par deux axes : l’axe industriel et l’axe individuel.

  • L’axe industriel: Une entreprise responsable est une entreprise consciente, entre autres choses, de l’importance de la protection et donc de la bonne santé de ses employés. Le souci de réduire le niveau sonore du milieu professionnel se doit d’être une constante :

- Isolation phonique des superstructures Isolation phonique des outils eux-mêmes

- Régulation de l’exposition aux bruits contrôle des niveaux sonores ambiants

- Acceptation d’un contrôle extérieur à l’entreprise et d’une sanction en cas de non-respect.

- Prise en charge du contrôle médical du personnel exposé et des traitements nécessaires en cas de pathologies induites.

  • L’axe individuel: Le personnel soumis aux bruits industriels nocifs doit être informé du risque encouru et doit s’inscrire dans une démarche de protection proposée par l’entreprise et contrôlée en interne ou par une commission de surveillance extérieure.

Cette démarche passe par l’acceptation de :

- Porter des protections auditives de qualité fournies par l’employeur (bouchons de tous types, silicone ou mousse, diminuant en général de 25 à 32 Db le niveau sonore périphérique)

- Porter un casque de type coque, recouvrant complètement le pavillon de l’oreille et permettant un assourdissement de l’ordre de 28 à 35 Db.

- Respecter les consignes de sécurité sonore : ne pas rester en zones d’exposition plus d’une heure à la suite quitter le lieu d’exposition durant une dizaine de minutes avant de regagner le lieu d’activité. dispenser si possible l’oreille d’une nouvelle agression sonore dans le cadre privé (ne pas porter un appareil de type MP3 à la sortie du travail !).

- Connaître les signes de souffrance d’une oreille pour savoir alerter l’employeur et le corps médical en cas de besoin.

- Se soumettre à un contrôle auriculaire régulier auprès du médecin du travail (examen de l’oreille, tests auditifs) qui orientera vers un médecin ORL en cas de besoin,

- Envisager un reclassement professionnel en cas de constat de dégradation auditive dont le caractère en général définitif n’autorise pas une poursuite de l’activité dans les mêmes conditions. C’est au prix d’une implication de chaque acteur de ce combat que l’oreille de ces travailleurs à risques peut ne pas souffrir de manière inéluctable.

Le monde du loisir

Le lien commun entre le monde du travail et le monde du loisir est le risque: à raisons très différentes, conséquences très similaires, à savoir dégâts cellulaires de l’oreille interne, perte d’audition, acouphènes et tous troubles sociaux attenants. Le lien de divergence est l’approche du phénomène: le travailleur dans le bruit est en général conscient du risque, le musicien, pratiquant ou auditeur, ne l’est pas. La musique est un plaisir et ne peut faire mal ! Une véritable éducation est nécessaire…

  • Le musicien: pour le professionnel ou amateur, la pratique de la musique présente un risque pour l’oreille. Certes la musique moderne peut être plus traumatisante mais la musique classique n’est pas exempte de danger. Il est raisonnable, tout du moins pourles répétitions (musique rock), de porter une protection sur mesure ou standard.

- Les protections sur mesure: Réalisées par un audioprothésiste diplômé, elles sont faites en général en silicone, moulées d’après une empreinte du conduit auditif. Elles ont un certain coût mais sont personnelles, bien adaptées, habituellement confortables et d’une véritable efficacité . Divers modèles peuvent être proposés, selon le type de musique, classique ou moderne.

- Les protections standards: plusieurs marques se partagent le marché. Elles sont proposées dans divers matériaux : silicone malléable, gomme, mousse, etc… Leur coût est bien sûr plus abordable, mais elles demandent à être changées régulièrement et leur efficacité est inférieure aux sur-mesures.

  • Le mélomane: le traitement du son et la maitrise technologique permettent aujourd’hui la fabrication d’appareils d’écoute musicale de grande qualité. Trois éléments viennent cependant nuire à la satisfaction d’une écoute-plaisir :

- La possibilité d’une intensité forte, voire très forte Les baladeurs vendus dans le commerce peuvent développer une puissance avoisinant 90 Db ou plus (intensité d’un moteur de camion)

- La possibilité de réglage fréquentiel, offrant un son plus chargé en aigus, toujours plus traumatisants.

- La possibilité par technique de compression sonore de mettre sur un même support plusieurs heures d’écoute.

De ce constat, il convient donc de redire ici, les règles absolues d’une bonne hygiène musicale :

 

  • Ne pas écouter plus d’une heure à la suite et plus de quatre heures par jour
  • Equilibrer les fréquences pour obtenir un relief sonore agréable
  • Limiter la puissance de sortie : pas plus des trois-quarts de la puissance maximale de l’appareil

 

Pour aller plus loin:

Consultez "Les 10 commandements pour une écoute musicale sans risques"

Consultez la "Pyramide des sons"

Consultez "Oreille et traumatismes sonores: les dégâts sont-ils irréversibles?"